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Agir contre le CPE !

Samedi 18 février 2006
 
 
Les partis de gauche, qui s'étaient réunis mercredi à La Mutualité, ont lancé vendredi leur première action commune avec un tract sur le contrat première embauche (CPE) et une pétition qu'ils espèrent faire signer par un million de personnes.
Le tract, qui évoque le "contrat de première précarité", reprend les critiques des partis et mouvements de gauche : institutionnalisation du "travailleur jetable", "aucune garantie", "concurrence entre générations", sans créer pour autant "aucun emploi supplémentaire".
"Ensemble il nous faut riposter à la politique de la droite", indiquent les signataires du tract.
Les formations signataires sont le PS, le PCF les Verts, le Parti radical de gauche (PRG), ainsi que cinq petits mouvements: Alternative citoyenne, MARS, Alternatifs, Gauche républicaine, et Régions et peuples solidaires.
Le Mouvement républicain et citoyen de Jean-Pierre Chevènement, qui a participé au sommet de mercredi, a refusé de co-signer le tract, estimant qu'au-delà de la seule opposition au CPE, il ne prenait pas en compte "les exigences d'une nouvelle politique économique en faveur de l'emploi" : "véritable préférence européenne sur le plan commercial", révision de la législation sur les OPA...
En revanche le MRC a signé avec les autres partis la pétition qui "exige le retrait du contrat première embauche".
"Le MRC veut aller très vite en termes de propositions, mais ne remet pas en cause la dynamique unitaire", a assuré Sergio Coronado (Verts), au cours d'une conférence de presse à laquelle ne participait pas le MRC.
Les dix partis et formations concernés s'étaient engagés mercredi à "une mobilisation unitaire contre la politique de l'emploi et le CPE", la mise en place d'une structure de liaison pour riposter à la politique de la droite, et celle d'un "comité national" devant organiser des débats publics "sur l'ensemble des propositions alternatives pour 2007".
Les signataires se sont félicités devant la presse que la gauche arrive rapidement à une action unitaire, et ont réitéré leurs critiques sur le projet gouvernemental. Claire Villiers (Alternative citoyenne) a noté le risque d'une "précarisation de toute la société", estimant qu'on est "sur une poudrière". Francis Chouat (PS) a souligné que le gouvernement voulait "brider toute contestation".
Richard Sheehan (PCF) a noté "le mépris de la démocratie" manifesté par le gouvernement. "Nous allons poursuivre l'élargissement du mouvement avec toutes les forces de gauche", a-t-il ajouté.
Le tract sera distribué dès ce week-end notamment sur les marchés, et la pétition sera présentée à la signature.
Par PRG 78
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Dimanche 19 février 2006
A quelques jours du début de l’examen du projet de loi sur l'égalité des chances par le Sénat – il se tiendra le jeudi 23 février – la Fédération des Yvelines du PRG, dans une lettre ouverte à Monsieur Gérard LARCHER, Ministre Délégué aux relations du Travail, élu des Yvelines (Premier adjoint au Maire de Rambouillet), demande le retrait du Contrat Première Embauche.
Le PRG y précise : « Le CPE, dispositif scélérat dont vous assurez la promotion en France en général et dans les Yvelines en particulier, mobilise contre lui, depuis plusieurs semaines, les jeunes, les lycéens, les étudiants et les salariés. »
 
Eddie AIT, Président du PRG 78, Conseiller Régional d’Ile-de-France, rappelle au Ministre UMP que l’ « on ne crée pas de l’emploi en fragilisant les salariés, en précarisant la jeunesse, en remettant en cause les droits acquis des salariés (CPE, travail de nuit des mineurs, apprentissage à 14 ans, directive Bolkestein, remise en cause des droits des étrangers, etc.) ».
 
Le CPE est un contrat de travail unique à précarisation prolongée. Il renforcera encore d’avantage l’exclusion des jeunes. Il entraînera, dans quelques mois, si un coup d’arrêt n’est pas marqué à la dérive libérale du Gouvernement UMP, le démantèlement du code du travail et la disparition du CDI.
 
Une pétition et un tract unitaires ont été élaborés. Ils seront distribués dans des gares et des communes du département (Poissy, Saint Germain, Carrières, Achères, Montesson, Maurepas…).
Par PRG 78
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Dimanche 26 février 2006
Par Roger Gérard SCHWARTZENBERG, ancien ministre,
député du Val-de-Marne,
président d'honneur du Parti radical de gauche (PRG).
 
Evidemment, les députés de l'opposition déféreront au Conseil constitutionnel les articles de loi créant le contrat première embauche (CPE). En invoquant quatre principaux griefs. Deux tenant au fond, deux à la forme.

En premier lieu, établir une discrimination en fonction de l'âge méconnaît le principe d'égalité des salariés. Un jeune de moins de 26 ans et un salarié plus âgé, titulaires l'un et l'autre d'un CDI (le CPE étant considéré comme tel), occupant le même poste de travail dans la même entreprise, seront traités différemment. Le premier pourra être licencié sans motif explicite et dans des formes simplifiées, le texte de loi excluant l'application de l'article L. 122-14 du code du travail. En revanche, le second bénéficiera de ses protections : procédure contradictoire avant la rupture du contrat par l'employeur, entretien préalable au cours duquel celui-ci est tenu d'indiquer le ou les motifs du licenciement envisagé.

Le Conseil constitutionnel a reconnu la valeur constitutionnelle du principe d'égalité, notamment en matière sociale, dès sa décision des 19 et 20 juillet 1983, et a souligné que le législateur ne peut y déroger que pour des «raisons d'intérêt général». Le gouvernement tentera de soutenir que le CPE contribuera à réduire le chômage, mais rien n'est moins sûr. En effet, au lieu de susciter des embauches supplémentaires, il se substituera le plus souvent à des CDI classiques ou à des CDD, qui auraient été conclus si ce nouveau dispositif n'avait pas été créé. Au lieu d'une «raison d'intérêt général», il s'agira surtout d'un effet d'aubaine pour les entreprises.

Second grief de fond : l'atteinte aux principes fondamentaux du droit du travail. Même soudainement rebaptisée, la «période de consolidation» du CPE (présenté comme un CDI) est en réalité comme dans le contrat nouvelles embauches (CNE) une période d'essai. Or celle-ci sera de deux ans pour le CPE, au lieu de un à trois mois pour les autres CDI.

Cette longueur, très excessive, est contraire à plusieurs de nos engagements internationaux, dont la charte sociale européenne et surtout la convention 158 de l'Organisation internationale du travail (OIT) sur le licenciement, adoptée en 1982. Celle-ci indique qu'un Etat membre pourra exclure du champ d'application de ses dispositions «les travailleurs effectuant une période d'essai, à condition que la durée de celle-ci soit raisonnable». La Cour de cassation a précisé ce caractère raisonnable, en jugeant abusive une période d'essai de trois mois pour un coursier, de six mois pour un chargé de mission, de un an pour un cadre supérieur. Par sa durée abusive, la période dite «de consolidation» de deux ans pour un CPE est contraire à cette convention de l'OIT, qui, étant un engagement international, a «une autorité supérieure à celle des lois» (article 55 de la Constitution).

Restent deux griefs de forme, auxquels le Conseil constitutionnel sera attentif vu sa jurisprudence sur la procédure d'élaboration et d'adoption de la loi et, en particulier, sur les règles régissant l'exercice du droit d'amendement. Les articles relatifs au CPE ont été incorporés par voie d'amendement gouvernemental au projet de loi de Jean-Louis Borloo «pour l'égalité des chances». Projet censé répondre au malaise social, révélé par la crise des banlieues, et réduire le sentiment de précarisation croissante, éprouvé en particulier par les jeunes. Certes, juxtaposer dans le même texte lutte contre l'anxiété sociale et renforcement de la précarité constitue un oxymoron politique, mais le Conseil constitutionnel ne peut contraindre le gouvernement à respecter la logique et la cohérence politique. Celui-ci soutiendra que, formellement, les articles relatifs au CPE ne sont pas «dépourvus de tout lien avec l'objet du projet de loi déposé». Ce que le Conseil risque d'admettre.

Toutefois, le Conseil exige toujours que les dispositions issues d'un amendement ­ parlementaire ou gouvernemental ­ «n'excèdent pas, par leur ampleur, les limites inhérentes au droit d'amendement». Il l'a encore rappelé, le 11 juillet 2001, pour des dispositions issues d'un amendement gouvernemental : «Les adjonctions ou modifications ainsi apportées au texte en cours de discussion ne sauraient, sans méconnaître les exigences qui découlent des premiers alinéas des articles 39 et 44 de la Constitution, dépasser, par leur objet et leur portée, les limites inhérentes au droit d'amendement.» Quand tel n'est pas le cas, le Conseil juge que les articles résultant de tels amendements ont été adoptés selon une procédure législative irrégulière, et les censure.

Or, au plan de la procédure, l'article 39 dispose que «les projets de loi sont délibérés en Conseil des ministres après avis du Conseil d'Etat». Certes, avant de l'adopter au Conseil des ministres du 11 janvier, le gouvernement a pris l'avis du Conseil d'Etat sur le projet de loi sur l'égalité des chances. Mais ce texte ne comportait pas ­ alors ­ les dispositions créant le CPE, car celles-ci résultent d'un amendement gouvernemental rédigé et déposé après coup. Postérieurement à la consultation du Conseil d'Etat.

Pour tenter de justifier ce défaut de consultation, le Premier ministre tient un double langage. Devant le Conseil d'Etat, on assure que le CPE est identique au CNE et que, le projet d'ordonnance créant le CNE lui ayant été soumis, il n'y a pas lieu de le consulter de nouveau. En revanche, à l'Assemblée nationale et sur les médias, Dominique de Villepin soutient que le CPE est essentiellement différent du CNE, car il comporte d'autres dispositions pour les salariés : décompte dans la période d'essai des formations en alternance ou des stages effectués dans l'entreprise, droit à indemnisation du chômage dès le quatrième mois, droit individuel à la formation dès le premier.

En réalité, d'autres différences existent, encore plus essentielles. D'une part, le CNE peut concerner tous les salariés quel que soit leur âge, alors que le CPE concerne exclusivement les moins de 26 ans. D'autre part, le CNE est réservé aux entreprises de moins de vingt salariés, tandis que toutes, quelle que soit leur dimension, peuvent recourir au CPE. En tout cas, on ne peut soutenir une chose et son contraire, en utilisant ce que Bergson appelait une «argumentation sautillante». Si, comme l'affirme Matignon, le CPE est essentiellement original par rapport au CNE, alors cela signifie que le Conseil d'Etat s'est vu soumettre un texte qui, ensuite, après sa consultation, a été substantiellement modifié.

Avec ce projet de loi sur l'égalité des chances, profondément changé postérieurement à la consultation du Conseil d'Etat, on retrouve exactement le même cas de figure qu'avec la loi Raffarin sur l'élection des conseillers régionaux. Saisi par Jean-Marc Ayrault, François Bayrou, Alain Bocquet, Yves Cochet, moi-même et nos collègues députés PS, UDF, PC, Verts et PRG, le Conseil constitutionnel avait, le 3 avril 2003, déclaré contraire à la Constitution une disposition essentielle de ce texte parce que celle-ci avait été soumise au Parlement sans l'avoir été au préalable au Conseil d'Etat. En motivant ainsi sa décision : «Considérant qu'en substituant, pour l'accès au second tour des élections régionales, un seuil égal à 10 % du nombre des électeurs inscrits au seuil de 10 % du total des suffrages exprimés retenu par le projet de loi soumis au Conseil d'Etat, le gouvernement a modifié la nature de la question posée au Conseil d'Etat ; que ce seuil de 10 % des électeurs inscrits n'a été évoqué à aucun moment lors de la consultation du Conseil Etat ; que les requérants sont dès lors fondés à soutenir que cette disposition du projet de loi a été adoptée selon une procédure irrégulière.»

Bref, ce grief relatif au défaut de consultation du Conseil d'Etat suffirait déjà, à lui seul, à justifier la censure par la juridiction constitutionnelle des articles relatifs au CPE. Au-delà des considérations juridiques, cette censure marquerait l'obligation de respecter les règles du jeu parlementaire. En soulignant que le Premier ministre ne peut avancer au pas de charge ou agir à la va-vite pour faire profondément réformer le droit du travail par sa majorité parlementaire. Car, dans ce cas précis, éluder les procédures, c'est aussi transgresser la démocratie. En France, celle-ci s'impose à tous. Même à «l'homme pressé» de Matignon.
Par PRG 78
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Dimanche 26 février 2006
PARIS, 22 fév 2006 (AFP)
Onze partis et associations de gauche se sont mises d'accord mardi pour organiser "une semaine d'action" contre le contrat première embauche (CPE) qui culminera avec la journée d'action intersyndicale du 7 mars, a annoncé le PCF dans un communiqué.
Cette semaine d'action, du 1er au 7 mars, concrétisera "la mobilisation unitaire contre la politique de l'emploi et le CPE" décidée lors du sommet de la gauche du 8 février. Un tract et une pétition sont actuellement diffusés à cette fin.

En sont parties prenantes le PS, le PCF, les Verts, le PRG, le MRC (chevènementistes), Alternative citoyenne, les Alternatifs, la Gauche républicaine, le MARS, Régions et peuples solidaires, de même que la LCR, qui avait refusé de participer au sommet de la gauche.

Interrogé par l'AFP, le représentant du PS dans ce comité, Didier Chouat, a confirmé l'information.
Cette semaine d'action, qui se traduira par "des initiatives communes dans chaque département", selon le communiqué du PCF, a été décidée lors de la première réunion du "comité de liaison sur la riposte à la politique de la droite", que les Dix avaient décidé le 8 février de mettre sur pied.
Lors de la rencontre de mardi, "un accord général s'est exprimé pour amplifier la dynamique unitaire contre le CPE", a affirmé le PCF.
Au cours de la réunion, le MRC, appuyé par le PCF, a aussi proposé, sans succès, des actions communes contre la directive européenne Services (dite directive Bolkestein). Le PS n'a pas donné suite, préférant une attitude de vigilance, notamment des parlementaires européens, jusqu'à sa rédaction définitive, selon M. Chouat.

Enfin, les participants ont prévu "une déclaration commune contre le projet de loi" sur l'immigration en préparation.
Par PRG 78
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Mercredi 8 mars 2006

Les leaders syndicaux, lycéens et étudiants, comme les ténors de la gauche, ont sommé Dominique de Villepin d'entendre l'hostilité d'une majorité de Français à l'égard du CPE, qui s'exprime de manière croissante dans les sondages, et de retirer son projet.

Présents à la manifestation à Paris, des militants et des élus du PRG 78 ont été suivis par une équipe d'Yvelines Première (reportage diffusé le 7 mars à 19 heures). 
 
Entre 396 000 personnes - dont 125 000 étudiants et lycéens -, selon la police, et un million de personnes, selon la CGT, ont manifesté dans les quelque 200 défilés organisés partout en France. La mobilisation a donc été largement supérieure à celle de la première journée d'action contre le CPE, le 7 février, qui avait réuni entre 218 000 et 400 000 personnes, et équivalente à la dernière grande journée de manifestations et de grèves interprofessionnelle du 4 octobre 2005 sur l'emploi et les salaires.

En chute dans les sondages, le Premier ministre a réaffirmé à l'Assemblée nationale qu'il n'entendait pas reculer, car il "refuse l'immobilisme" même s'il "respecte les peurs qui s'expriment". Il prend ainsi le risque d'aller à l'épreuve de force avec les syndicats de salariés et les mouvements de jeunes, qui doivent se réunir dès les prochains jours pour décider des suites du mouvement. D'ores et déjà, l'Unef a appelé à la grève dans toutes les universités à compter de mercredi. 
 
Perturbations dans les transports urbains de province, des dizaines de vols annulés dans les aéroports, quelques classes fermées et des programmes perturbés dans l'audiovisuel public : plus que par des grèves, la journée a surtout était marquée par le nombre et l'importance des cortèges, où étudiants et lycéens étaient venus en nombre. Mardi, une vingtaine d'universités étaient en grève (Seine-Saint-Denis, Nanterre, Aix-Marseille) et le recteur de Paris avait ordonné la fermeture de la Sorbonne.

Rassemblant l'ensemble des leaders syndicaux, étudiants et lycéens, ainsi que les dirigeants de la gauche, le défilé à Paris a réuni 46 000, selon la police, à 200 000 manifestants, selon les organisateurs, contre 13 000 à 45 000 le 7 février. A Marseille (entre 11 000 et 100 000 manifestants), Bordeaux (16 000 à 50 000), Nantes (14 000 à 26 000) et ailleurs, la mobilisation a été largement supérieure à celle du 7 février, même si les estimations des organisateurs ont progressé plus fortement que celles de la police.

 

Yvelines Première est diffusée sur le réseau NOOS. Sur le canal 14 en numérique et le canal 22, fréquence 192 Mhz, en analogique. Communes câblées : Achères, Aigremont, Andrésy, Aubergenville, Bouafle, Bougival, Chambourcy, Chatou, Croissy-sur-Seine, l'Etang-la-ville, Fourqueux, Louveciennes, Maisons-Laffitte, Mareil-Marly, Marly-le-Roi, Medan, le Mesnil-le-Roi, Meulan, Morainvilliers, Orgeval, le Pecq, Poissy, le Port-Marly, Saint-Germain-en-Laye, Saint-Nom-la-Bretêche, Triel-sur-Seine, le Vésinet, Villennes-sur-Seine.

Par PRG 78
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