Le PRG se range derrière le PS pour la présidentielle

Publié le par PRG 78

PARIS, 22 octobre 2006 (AFP)
 
Le Parti radical de gauche (PRG), réuni en congrès extraordinaire, a répondu positivement dimanche à la demande pressante du PS de ne pas présenter de candidat et de soutenir dès le premier tour le candidat socialiste pour la présidentielle de 2007.  
 
Christiane Taubira, qui avait obtenu 2,32% des voix à la présidentielle de 2002, voulait une nouvelle fois représenter le parti, mais elle n'a obtenu le soutien que de 30% des congressistes, dont les jeunes radicaux.  Après l'échec de Lionel Jospin à parvenir au second tour en 2002, la candidature de Christiane Taubira avait été montrée du doigt par les socialistes qui lui avaient fait porter une bonne part de responsabilité. Une interprétation battue en brèche par la députée de Guyane et ses partisans, qui, citant des enquêtes d'opinion, ont assuré que 80% de ses électeurs n'auraient en tout état de cause pas voté Jospin au premier tour.
 
Les discussions ont été tendues et le président du parti Jean-Michel Baylet a été hué par une partie de la salle quand il a pris la parole avant le vote. "Quand même, quand même, un peu de correction, un peu de respect", a-t-il lancé, s'étonnant d'un comportement "rare" chez les radicaux.  Certains responsables reconnaissaient que la date du congrès était mal choisie, puisqu'elle obligeait les radicaux à se mettre en ordre de bataille derrière le PS sans connaître son candidat. "On leur donne un chèque en blanc", notait un militant.
 
Les socialistes doivent choisir par vote le 16 novembre qui de Laurent Fabius, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn sera le candidat du PS en 2007. Mais M. Baylet s'est refusé à attendre qu'il soit choisi pour que le PRG prenne position. "Lorsque vous vous réveillerez de vos manoeuvres d'enfumement, il sera trop tard !", a-t-il lancé. Il a même abandonné l'idée, avancée la veille, de réunir un comité directeur élargi pour vérifier que le candidat socialiste qui aura été choisi est "bien sur la ligne" du PRG.
 
Si nombre de cadres ont fait savoir que Ségolène Royal était leur favorite, d'autres se sont montrés beaucoup plus réservés. Ainsi Jean-François Hory, ancien président du parti, a estimé qu'un candidat PRG aurait relevé le niveau d'une compétition bornée à ce jour à un "combat d'images entre le super-flic de l'UMP et la Maman juste et sévère du PS qui invoque les valeurs du travail, de la famille et de la patrie".
 
Mme Taubira elle-même a reconnu qu'elle ne partageait pas certaines convictions de Mme Royal, qui, a-t-on appris, lui a déjà proposé d'être sa porte-parole. Ce que la députée de Guyane a refusé.  
 
Pour faire avaliser l'absence de candidat PRG au premier tour, M. Baylet a argué de l'accord conclu jeudi avec le Parti socialiste, qui promet 36 circonscriptions réservées aux radicaux pour les législatives. Le PRG compte actuellement neuf députés. Plusieurs intervenants, réservés sur la qualité de ces circonscriptions, ont craint que le PS, plutôt que de leur permettre d'obtenir le groupe à part entière dont ils rêvent (20 députés), n'envisage seulement un "groupe technique" à l'assemblée, partagé avec de petits partis.  
 
Le PRG devrait réunir "d'ici une quinzaine de jours" une convention avec le PS, pour préparer la campagne, où "Mme Taubira aura toute sa place", a assuré M. Baylet.  "Il y aura d'autres rendez-vous et peut-être d'autres décisions", a laissé tomber cette dernière, sans plus de précisions.

Publié dans Présidentielle 2007

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