Pour éviter un nouveau «21 avril», la direction du PS cherche à boucler un accord pour les législatives avec les deux formations.

Publié le par PRG 78

A lire dans le FIGARO (14.08.2006)
 
SURTOUT pas eux.
Le PS s'est fixé un objectif pour se mettre à l'abri, croit-il, de toute mauvaise surprise au premier tour de l'élection présidentielle en 2007 : convaincre les radicaux et les partisans de Jean-Pierre Chevènement de renoncer à concourir. En 2002, les voix de Christiane Taubira, pour le PRG (2,32%), et de l'ancien ministre de l'Intérieur (5,33%), avaient manqué à Lionel Jospin et conduit à son élimination, estime-t-on encore au PS. «Ce que nous n'avons pas fait en 2002, une candidature commune avec les radicaux de gauche et le mouvement de Jean-Pierre Chevènement, il faut le faire en 2007», a déclaré en juillet le premier secrétaire du PS, François Hollande. «L'élection présidentielle n'est pas une assemblée générale, un grand barnum, un défouloir», a-t-il renchéri hier dans Le Journal du dimanche, en mettant en garde contre «la juxtaposition des candidatures de premier tour».
 
Le cas Taubira
 
Pour éviter un nouveau 21 avril, la direction du PS manie à la fois la carotte et le bâton. D'un côté, elle a enjoint les élus socialistes à ne donner leur parrainage qu'au candidat PS. Cette prise de position, appréciée en interne, passe mal auprès des partenaires du PS, en premier lieu PRG et MRC, qui y voient une forme de menace. «Ce n'est pas le comble de l'habilité», dit-on chez les radicaux.
 
Parallèlement, le PS essaie donc de faire preuve d'ouverture envers ses partenaires de l'ex-«gauche plurielle». Avec l'offre d'un accord programmatique d'abord, garantissant une présence dans un éventuel gouvernement, électoral ensuite, pour les législatives qui suivront la présidentielle.
 
Avant la trêve estivale, les négociations étaient plus engagées avec les radicaux, qui parlent de «quasi-accord», qu'avec les chevènementistes, pour qui «tout reste à faire». Une trentaine de circonscriptions devraient être réservées aux radicaux, qui affichent neuf sortants.
 
Principale et dernière revendication du PRG pour conclure : participer, d'une manière ou d'une autre, à la désignation du candidat socialiste. Mais le problème est compliqué : les militants radicaux peuvent-ils voter avec les socialistes ? avant ? ou bien après pour ratifier le choix du PS...
 
Deuxième difficulté : le cas Taubira. Le député de Guyane a pour l'instant manifesté l'intention d'aller au bout de sa candidature. «Je ne me lance pas avec la main sur le levier de la marche arrière», a-t-elle déclaré au Parisien en juillet. «Si le parti décide de ne pas y aller, elle n'ira pas», assure de son côté le porte-parole du PRG, Jean-Pierre Castagnède. Au PS, on s'interroge quand même : «Est-ce que les radicaux ont les moyens de l'empêcher d'être candidate ?» Taubira pourrait trouver d'autres soutiens que le PRG : l'outre-mer ou bien l'électorat noir.
 
Avec les chevènementistes, les discussions achoppent sur la question des législatives. «Nous avons fait des demandes raisonnables, nous ne descendrons pas en dessous», explique le premier secrétaire du MRC, Georges Sarre. Négociateur socialiste, Bruno Le Roux dit proposer «entre cinq et dix circonscriptions». Mais au PS on doute, de toute façon, que Jean-Pierre Chevènement ait «la volonté» voire «les moyens» de se présenter.
 
Faute d'accord, les alliés du PS prennent le risque de devoir affronter des candidats socialistes au premier tour des législatives. Ce sera peut-être le cas par exemple dans la 3e du Val-de-Marne, où la première fédérale Michèle Sabban ne retirera sa candidature face à Roger-Gérard Schwartzenberg qu'à la condition que le PRG renonce à la présidentielle.
 
Si elle parvient à un accord avec ses alliés, la direction du PS devra encore faire face à d'autres réticences. La fédération du Territoire de Belfort a ainsi voté à l'unanimité le 10 juillet une motion refusant le gel de la 2e circonscription du département où Jean-Pierre Chevènement pourrait se présenter. Quelle que soit la décision nationale, les militants locaux veulent «maintenir» la candidature du socialiste Bruno Kern.
 
Au PS, Bruno Le Roux, chargé des élections, souhaiterait un accord pour «septembre-octobre». Les deux autres formations se donnent un peu plus de temps. Le congrès du PRG, qui débattra de la candidature à la présidentielle, est fixé aux 21 et 22 octobre. Quant aux chevènementistes, ils attendent de savoir qui sera le candidat socialiste. Partisan du non, comme Jean-Pierre Chevènement, Laurent Fabius a leur préférence.

Publié dans Législatives 2007

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