Samedi 18 février 2006
Le Parti radical de gauche (PRG) a lancé une offensive pour faire accepter au reste de la gauche, réticente, l'organisation de primaires à l'italienne pour la présidentielle de 2007, afin d'éviter la multiplication dangereuse des candidatures qui se profile.

Partisan du "rassemblement de la gauche", le PRG a déposé mercredi une proposition de loi à l'Assemblée nationale et au Sénat portant sur l'organisation de primaires pour l'élection présidentielle, a annoncé son président Jean-Michel Baylet, sénateur du Tarn-et-Garonne.
En 12 articles, ce texte, rédigé par Roger-Gérard Schwartzenberg, député du Val-de-Marne, détaille les modalités de l'opération qui s'inspire à la fois des primaires américaines et de celles organisées en Italie, qui ont permis la désignation du chef de file de la gauche, Romano Prodi, pour les législatives d'avril 2006.

Les primaires françaises, propose le PRG, seraient organisées par les partis de droite comme de gauche, mais seulement "s'ils le souhaitent", huit à quatre mois avant l'élection présidentielle -soit entre septembre et décembre 2006.

Le clou de la proposition est la prise en charge par l'Etat du coût de l'opération, qui devrait s'élever à environ 30% d'une campagne présidentielle. L'Etat n'y perd pas puisque le nombre de candidats du premier tour bénéficiant de financements serait alors réduit, argue le PRG.

Roger-Gérard Schwartzenberg égrène les avantages des primaires: elles "démocratisent" la sélection des candidats à l'Elysée, qui devient l'affaire de millions de citoyens et non plus des seuls adhérents des grands partis -"340.000 personnes pour le PS et l'UMP réunis".

Surtout, les primaires permettraient d'"éviter la multiplication des candidatures à gauche mais aussi à droite", indique-t-il. La présidentielle 2007 s'annonce houleuse, puisque, à 14 mois des échéances, treize candidats se sont déjà officiellement déclarés.
L'initiative, souligne M. Baylet, procède avant tout d'une "démarche politique" pour éviter la réédition du scénario de 2002 où la multiplication des candidats avait contribué à l'élimination de la gauche du deuxième tour au profit de l'extrême droite.
Le PRG appelle ses partenaires de l'ex-gauche plurielle à "co-signer" le texte et compte sur le groupe parlementaire socialiste pour l'inscrire dans une niche parlementaire, afin qu'elle soit discutée en séance.

Parallèlement, une "pétition" sera lancée auprès des Français pour soutenir l'initiative, manière de faire pression sur "les états-majors" des partis de gauche, souligne M. Baylet qui veut aussi que la question soit débattue par le "Comité de liaison" mis en place la semaine dernière par le sommet de la gauche en vue des échéances de 2007.
Pour l'heure, les primaires sont loin de faire l'unanimité: le numéro un du PCF Marie-George Buffet a réitéré qu'elle y était hostile. Les Verts, en pleine sélection de leur propore candidat pour 2007, n'en veulent théoriquement pas non plus.
Quant au Parti socialiste, M. Baylet n'y voit que "pagaille et rivalités" entre les présidentiables. Mais, rappelle-t-il, plusieurs ténors, comme Henri Emmanuelli, Vincent Peillon ou Arnaud Montebourg, soutiennent l'idée. Le premier secrétaire François Hollande y est favorable, à condition que le PS soit libre de choisir son propre candidat.
En lançant son offensive, M. Baylet estime avoir "tout fait" pour un candidat unique de la gauche. S'il échoue, il n'exclut pas que son parti, qui avait présenté en 2002 Christiane Taubira, ait en 2007 son candidat, qui pourrait être Bernard Tapie.
par PRG 78 publié dans : Présidentielle 2007
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