LENS (Pas-de-Calais), 16 sept 2006 (AFP)
François Hollande a appelé radicaux de gauche et chevènementistes à "présenter un même candidat" avec le PS à l'élection présidentielle, en concluant samedi à Lens le "grand oral" des présidentiables socialistes.
Le rassemblement de la gauche doit se faire d'abord avec "un premier cercle, en commençant par les partis les plus proches pour qu'ils ne présentent pas de candidat" face à celui du PS, afin de "faire le meilleur résultat au 1er tour" en 2007, a déclaré le premier secrétaire socialiste à la tribune.
"Avec les radicaux de gauche, avec le parti de Jean-Pierre Chevènement (MRC, ndlr), faisons en sorte de présenter un même candidat", ce qui, a-t-il concédé, "suppose quelques compromis sur les circonscriptions" législatives.
C'est la première fois que M. Hollande lance un appel aussi explicite à ces formations. Il a souhaité "un accord sur des propositions communes" avec "le deuxième cercle", composé de "nos amis communistes et nos amis Verts", qui "ont bien le droit de présenter un candidat". "Nous avons plus de choses qui nous rassemblent que de choses qui nous séparent", a-t-il ajouté. Ces propositions, "défendons-les ensemble (dans la campagne), ça facilitera les reports de voix". Ce doit être "un accord de gouvernement", "pas une coalition d'un jour ou des arrangements de places", a-t-il affirmé.
S'adressant à "l'autre gauche", M. Hollande lui a demandé de pratiquer "le désistement républicain". "Si elle ne veut pas gouverner, qu'elle ne nous empêche pas de répondre à l'urgence (...), à l'exaspération de notre peuple".
Revenant sur le choix du candidat socialiste, le numéro un PS a souligné qu'il devra porter "une cohérence politique", alors que Ségolène Royal est parfois accusée de s'écarter des canons socialistes. "Faire nouveau, oui, mais avec l'héritage, l'histoire, les valeurs" des socialistes, a-t-il dit, citant Jaurès, Blum et Mitterrand.
Le député-maire de Tulle a assuré que "le parti jouera le rôle majeur" dans la bataille présidentielle. "Il a décidé du projet, il décidera du nom du candidat (...), soyons-en fiers, il est une chance, c'est une force", a-t-il dit, paraissant satisfaire ainsi l'exigence formulée avant lui par Lionel Jospin.
M. Hollande s'est déclaré "confiant dans ce qu'il a vu dans le Pas-de-Calais". "Il n'y aura de victoire que si elle est collective", a-t-il conclu. Alors que M. Jospin avait exprimé des doutes sur la victoire de la gauche en 2007, le premier secrétaire s'est appesanti sur "les atouts solides" du PS qui a résisté à des défaites", remporté haut la main régionales et européennes de 2004 et accouché du "projet socialiste".
"En toutes circonstances, comme disait François Mitterrand, nous avons tenu bon", a-t-il dit.
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